La journée du 11 août 2026 restera marquée par une percée mathématique sans précédent : une version de recherche de Claude, orchestrant une soixantaine de sous-agents pendant trente-six heures, a relevé la borne inférieure prouvée des zéros de la fonction zêta de Riemann de 41,6 % à 67,2 %. Ce résultat, obtenu avec 31 millions de jetons de sortie et deux sessions de Claude Code, démontre que l'IA générative n'est plus seulement un outil de langage, mais un acteur de la recherche fondamentale. La frontière entre assistant et co-auteur scientifique vient de se déplacer.
Dans le prolongement de cet élan, Anthropic annonce que Claude Code passera en mode automatique par défaut dès le 14 août pour les abonnés Pro, Max et Team. Ce mode intègre un classificateur qui bloque en temps réel les actions irréversibles ou celles débordant de l'environnement de l'utilisateur. C'est un signal clair : à mesure que l'IA gagne en autonomie opérationnelle, ses créateurs construisent des garde-fous à la hauteur de cette puissance.
Le raisonnement abstrait avance de son côté, et en terrain ouvert : Prime Agent, publié le 5 août par Prime Intellect, franchit 95,5 % au test ARC-AGI-3 quand le repère humain est à 95,4 %. Le score mérite d'être relativisé — ARC-AGI-3 reste un exercice cadré, et son concepteur François Chollet rappelle qu'un palier franchi appelle surtout un test plus difficile. Mais le code est ouvert, donc le résultat est vérifiable par quiconque, ce qui n'est pas le cas des annonces des laboratoires fermés.
Du côté de l'industrie et de la santé, deux signaux complètent le tableau. BYD dévoile Xiao Di, son premier humanoïde destiné à accueillir les clients dans ses concessions — preuve que la robotique de service entre dans l'économie réelle par la grande porte commerciale. Et la FDA accorde à First Read, l'IA d'Aidoc qui rédige des brouillons de comptes rendus radiologiques, une désignation Breakthrough Device : une place dans la file prioritaire de l'agence, pas une autorisation de mise sur le marché.
Reste le contrepoint, et il est de taille. Le cabinet Challenger, Gray & Christmas compte 33 429 suppressions de postes annoncées aux États-Unis en juillet, le total mensuel le plus bas depuis deux ans — mais l'intelligence artificielle y figure pour le cinquième mois d'affilée comme la première raison invoquée. La machine gagne en profondeur scientifique et en accréditation médicale dans le même mouvement qu'elle sert d'argument pour réduire les effectifs ; le rapport prend soin de préciser que les motifs purement économiques pèsent encore près du double.