L'IA recompose les métiers plutôt que de les supprimer, 16 % du travail français exposé
Selon un scénario étudié par Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents en avril 2026, environ 16 % du contenu du travail français serait potentiellement automatisable, 17 % en Allemagne et aux États-Unis, autour de 20 % au Royaume-Uni. Une étude française d'Aghion, Bergeaud, Bunel et Delbouve analysant plus de 120 millions d'offres d'emploi en ligne depuis 2019 observe une baisse relative des offres dans les professions les plus exposées à l'IA, mais aussi une hausse de l'emploi total et du chiffre d'affaires à quatre ans dans les entreprises qui recrutent des profils IA, au détriment des professions moins exposées au sein des mêmes entreprises. L'IA automatise d'abord des tâches, pas des métiers entiers, et la plupart des professions se recomposent autour des activités humaines qui restent. Les métiers les plus demandés en lien avec l'IA en 2026 couvrent un spectre plus large qu'on ne l'imagine : au-delà des profils techniques, des fonctions hybrides émergent rapidement comme concepteur de prompts, éthicien de l'IA, responsable de la gouvernance des données, formateur en IA, ou coordinateur de projets d'automatisation. Derrière ces chiffres se trouve une force plus lente et plus sûre que la technologie : le vieillissement, avec 49 personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans attendus en 2040, créant une demande de 150 000 à 200 000 équivalents temps plein supplémentaires d'aides à domicile et d'aides-soignants en 2050.
📰 Benjamin Duplaa