Alibaba occupe le devant de la scène avec deux annonces coup sur coup : les poids de Qwen 3.8-Flash-Next, aperçu de la future architecture Qwen 4, sont désormais téléchargeables, tandis que Qwen 3.8-Max revendique 16 jours de codage autonome continu. Ce dernier chiffre mesure surtout la persistance du modèle, pas nécessairement la qualité du code produit, puisqu'il ne se classe que 6e sur 218 dans les benchmarks composites. La stratégie d'ouverture des poids marque néanmoins un tournant dans la course entre géants chinois et américains.
Du côté des assistants grand public, Anthropic unifie la mémoire de Claude entre le chat et Cowork pour une expérience plus continue, pendant qu'OpenAI mise sur la créativité légère avec des packs de stickers générés dans ChatGPT. Deux approches complémentaires : consolider la mémoire pour les usages professionnels d'un côté, séduire par des fonctionnalités ludiques de l'autre.
Ces avancées génératives nourrissent directement la robotique : selon ACE Robotics, les humanoïdes pourraient connaître d'ici fin 2027 une accélération comparable à celle qu'a connue ChatGPT, grâce à des robots capables d'analyser leur environnement plutôt que de simplement exécuter des mouvements préprogrammés. L'IA générative ne se contente plus de produire du texte ou du code, elle commence à piloter des corps physiques.
Sur le front des neurotechnologies, Merge Labs, cofondée par Sam Altman, avait levé 252 millions de dollars en janvier 2026 pour une interface cerveau-machine non invasive, portant à 270 millions les investissements du secteur en moins de trois mois. Paradromics avance de son côté avec son essai clinique Connect-One, preuve que la lecture et la stimulation cérébrales sans chirurgie lourde deviennent un axe d'investissement majeur, en parallèle des percées génératives.
Mais cette accélération a un revers social : une étude de Stanford montre que l'emploi des 22-25 ans dans les secteurs les plus automatisables a chuté de 19 % par rapport à leurs pairs moins exposés à l'IA. Entre modèles toujours plus autonomes, robots plus perceptifs et interfaces cérébrales en plein essor, c'est la porte d'entrée dans l'emploi qui se referme la première.